Lettre à Olivier Ameisen

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Lettre à Olivier Ameisen

Message par Invité le Ven 14 Oct - 15:21

Cher Olivier,


Depuis le 29 juillet 2011, je tenais à vous faire de mon témoignage de guérison. Le 29 juillet 2010, je m'en souviens comme d'hier, puisque c'est le jour où je suis devenue libre.

Pour la première fois depuis de nombreuses années, je n'ai pas vu la bouteille qui était devant mes yeux. L'esclave qui ne pensait qu'à son stock d'éthanol, venait de briser ses chaînes en devenant indifférente.

J'ai connu ce breuvage à la fin de l'adolescence, ensuite il est devenu mondain. Les turpitudes de la vie ont fait qu'il est devenu quotidien. Il m'aidait à gérer mon stress, mes angoisses, mes peurs.

J'ai été dans le déni quasiment toute ma vie vis à vis de l'alcool. Je buvais, et c'était presque normal dans l'état d 'esprit dans lequel j'étais. Il me fallait un allié pour pouvoir avancer.

Au fur et à mesure des années mon corps, mon esprit avaient de plus en plus de mal à le supporter, mais ils le demandaient par des cravings de plus en plus forts.

Je ne faisais plus rien, je restais des heures devant la télé ou à cuver. Je ne sortais, ne recevais plus d'amis, je me coupais de plus en plus du monde. Je refusais de me soigner, ne voulant pas supporter la torture de l'abstinence totale.

Un soir, j'ai vu une émission à la télévision qui parlait du Baclofène et de votre livre « Le dernier verre ». Je l'ai acheté le lendemain, lu avec avidité, m'y suis reconnue et j'ai commencé le traitement. Mais pendant 18 mois, j'ai plus été préoccupée à d'autres problèmes de santé que de soigner ma maladie alcoolique. Je prenais entre 40 et 60 mg de Baclofène, et j'ai fait le yoyo pendant dix huit mois, en arrêtant parfois. Cependant, je remarquais que certains jours ma consommation était diminuée de moitié.

Puis, lasse de tourner en rond, j'ai décidé de me lancer vraiment dans l'aventure.

Cela a été rapide et n'a pris que quelques semaines. J'ai remis tout le traitement à zéro, et suis repartie de 30 mg en augment de 10 tous les 5 jours. J'ai eu à partir de 100 mg des effets secondaires parfois difficiles à gérer, mais par rapport à ceux de l'alcool, ce n'est même pas comparable.

Ma dose seuil est arrivée à 160 mg avec cette merveilleuse indifférence.

Désormais, je ne bois que très occasionnellement un verre sans pour autant terminer la bouteille. Je vis dans une quasi-abstinence et m'en porte fort bien.

Je suis libre et égale aux autres personnes. Le Baclofène m'a rendu ma dignité.

Je ne suis plus cette paria, cette malade dont le vice faisait honte.


Cher Olivier, je ne vous remercierai jamais assez de ce que vous avez fait en testant ce médicament sur vous .


Veuillez croire en ma plus profonde reconnaissance et en ma plus grande amitié.


Cécile alias Florette

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